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lundi, 24 septembre 2007

Le Jazz Manouche

Le Jazz manouche est le style révèlé par Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. La relève a tout d'abord été prise par ceux qui côtoyaient Django, c’est-à-dire entre autre la famille Ferret dont les représentants actuels sont Boulou Ferré et Elios Ferré. La musique manouche, pas le "jazz manouche", existait bien entendu avant Django ; mais ce dernier, en introduisant le jazz dans la culture manouche, a réussi à créer un nouveau stylee. Les musiciens manouches lui vouent un véritable culte, dont la célébration se concrétise par un festival qui a lieu tous les ans à Samois-sur-Seine, où l'on va même jouer sur la tombe de Django pour lui rendre hommage. Le jazz manouche est revenu devant le grand public au milieu des années 1990 grâce a des artistes comme Angelo Debarre, Romane, Moreno. On peut également citer un certain nombre d'artistes qui se situent plus ou moins dans l'esprit du jazz manouche : Stochelo Rosenberg, Biréli Lagrène, Romane, Raphaël Faÿs, Jimmy Rosenberg, Tchavolo Schmitt, Angelo Debarre, Boulou et Elios Ferre, Serge Krief, Dorado Schmitt, David Reinhardt, etc... D'autres artistes, de variété cette fois, tels que Sanseverino s'inspirent du jazz manouche ou plutôt de la musique manouche.

 

Django Reinhardt  

L'histoire du jazz manouche va de paire avec celle de Django Reinhardt. Impossible d'effleurer cette musique et ses origines sans introduire Django, véritable père du style. Plus que ça, il est parmi les plus grands guitaristes de jazz et sans nul doute un des plus grands jazzmen français de tous les temps.

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D'origine manouche, Django est né le 23 Janvier 1910 et passe sa jeune enfance à vagabonder aux portes de Paris, inexorablement attiré par la musique. Doté d'une oreille incroyable, à neuf ans il enthousiasme déjà les foules au banjo. Sa virtuosité époustoufflante lui vaut déjà une bonne réputation.
Au début des années 30, rencontre choc avec le jazz americain dont l'influence sera le début d'une production musicale hors normes. A la tête du quintette du Hot Club de France, où son génie à la guitare rivalise avec celui du violoniste Stéphane Grapelli, il va en effet, entre 1934 et 1953, éblouir la scène européene.
Sa musique est à l'intersection des musiques tziganes et du jazz américain de l'époque, dont les chefs de file sont respectivement Mattéo Gracia ou Poulette Castro et Jelly Roll Morton, Louis Armstrong ou encore Bix Beiderbecke.

Mais cette approche est très réductrice quand on connait son oeuvre car il invente alors ses codes et faisant chanter sa guitare comme personne ne l'avait sans doute fait auparavant. Il en résulte que sa musique parait intemporelle, ce qui est sans nul doute une de ses grandes qualités. Elle nous "parle" aujourd'hui encore. Il suffit d'écouter quelques morceaux pour mesurer la chose, voici une liste très loin d'être exhaustive : « Songe d'Automne », « Echos de France », « Les Yeux Noirs », « Nuages », « Tears », « Minor Swing », « Danse Norvégienne », « Manoir de mes rêves », « Night and Day », « Finesse »...

Destin hors du commun, qui en viendrait presque à oublier que Django fut affublé d'une par2d1b58bb43bea5eeeb010cfd0dc254b4.jpgalysie partielle de la main gauche à la suite d'un incendie de roulotte en 1928...C'est aussi ça la légende de Django Reinhardt, qui a su, à force de travail, inventer une technique adaptée à son handicap tout en conservant sa virtuosité. Il ne pourra désormais jouer les solos qu'à l'aide de deux doigts (index et majeur), ce qui l'amène à evoluer de manière horizontale sur le manche mais qui donne une couleur homogène et bien particulière à son phrasé.

 

Django meurt le 10 Mai 1953 d'une congestion cérébrale à Samois sur Seine où a desormais lieu tous les ans, pour l'anniversaire de sa mort, LE festival de jazz manouche. A la fin de sa vie, Django tutoyait le be-bop et la guitare électrique, qui sait de quelles merveilles aurait-il encore été capable? Preuve là aussi de toutes les idées qui pouvaient fourmiller en lui et de sa volonté de ne pas s'enfermer dans un genre. François Billard disait de lui : "Django a été le premier a ne plus joué Django".

Même si la paternité du style revient incontestablement à Django, il serait malvenu d'oublier ceux qui ont aussi beaucoup apporté et qui ont évolué dans l'ombre du maître. Parmi eux Joseph Reinhardt son frère, Henri Crolla, René Mailhes, les frères Ferret (Baro, Matelo, Sarane)...Depuis, le style a été nourrit de personnalités et de talents très differents, on pourrait citer Babik Reinhardt le fils de Django, Fapy Lafertin, Boulou et Elios Ferret fils de Matelo Ferret ou encore Tchavolo Schmitt.

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